J'ai subi un traumatisme crânien à la suite d'un accident ou d'une agression
Traumatisme crânien après un accident ou une agression : séquelles invisibles, anosognosie, évaluation neuropsychologique et indemnisation du préjudice.
Un traumatisme crânien peut notamment être la conséquence d'un accident de la circulation, d'un accident de la vie privée, d'un accident du travail ou d'une agression.
Après le choc, certaines blessures sont immédiatement visibles. D'autres le sont beaucoup moins.
C'est l'une des difficultés particulières du traumatisme crânien : une personne peut sembler avoir récupéré alors qu'elle conserve des séquelles importantes dans sa vie quotidienne, familiale ou professionnelle.
Des séquelles qui ne se voient pas toujours
Un traumatisme crânio-cérébral peut affecter le cerveau et entraîner des troubles durables, même lorsque le traumatisme initial a été considéré comme relativement léger.
Les séquelles peuvent notamment prendre la forme de :
- troubles de la mémoire, notamment de la mémoire de travail ;
- difficultés de concentration et d'attention ;
- ralentissement dans l'exécution de certaines tâches ;
- fatigabilité importante ;
- troubles des fonctions exécutives : organisation, planification, prise de décision ;
- irritabilité ou troubles de l'humeur ;
- changements de comportement ou de personnalité ;
- perte d'initiative ;
- syndrome post-commotionnel ;
- dans certains cas, épilepsie post-traumatique.
Ces difficultés sont parfois difficiles à comprendre pour l'entourage : la victime paraît physiquement rétablie, mais elle n'est plus tout à fait la même qu'avant l'accident.
Le défi de l'indemnisation : rendre visible ce qui ne se voit pas
En matière d'indemnisation, il ne suffit pas d'affirmer que l'on souffre d'une difficulté. Il faut pouvoir l'objectiver, la documenter et établir son lien avec l'accident.
C'est particulièrement important pour les séquelles cognitives et comportementales d'un traumatisme crânien.
Un préjudice insuffisamment identifié ou insuffisamment documenté risque d'être sous-évalué lors de l'expertise et, par conséquent, insuffisamment indemnisé.
La victime elle-même peut minimiser ses difficultés
Une difficulté particulière peut apparaître après certaines atteintes cérébrales : l'anosognosie.
La victime ne perçoit pas nécessairement l'étendue de ses propres troubles. Elle peut donc, en toute bonne foi, minimiser ses difficultés lorsqu'elle rencontre le médecin-expert.
C'est pourquoi son propre récit ne suffit pas toujours à mesurer les conséquences réelles du traumatisme.
La parole des proches peut alors devenir particulièrement importante.
Le conjoint, les enfants, les parents ou d'autres personnes qui côtoient quotidiennement la victime peuvent décrire concrètement ce qui a changé depuis l'accident : fatigue, oublis, irritabilité, difficultés d'organisation, perte d'autonomie ou modification du comportement.
Certaines difficultés apparaissent avec le temps
Il existe également un décalage temporel.
Certaines séquelles deviennent réellement perceptibles lorsque la victime tente de reprendre sa vie habituelle ou son activité professionnelle.
C'est au retour au travail que peuvent apparaître, par exemple, les difficultés à rester concentré plusieurs heures, à gérer plusieurs tâches simultanément, à mémoriser des informations, à respecter le rythme antérieur ou à supporter la fatigue.
L'employeur, les collègues et les proches peuvent alors constater un changement qui n'était pas nécessairement évident immédiatement après l'accident.
Une évaluation approfondie est essentielle
Selon les difficultés rencontrées, plusieurs évaluations peuvent être utiles :
- un bilan neuropsychologique approfondi, pour identifier et mesurer les troubles cognitifs ;
- une évaluation neurologique, lorsque la nature des séquelles le justifie ;
- un bilan psychologique, notamment pour mesurer l'impact sur l'humeur, le comportement et la personnalité ;
- une évaluation en ergothérapie ou en ergonomie, afin d'analyser les difficultés concrètes et les besoins d'adaptation dans la vie quotidienne ou professionnelle ;
- les témoignages et observations des proches, qui permettent de comparer la situation avant et après l'accident.
L'approche peut donc être pluridisciplinaire : neurologue, neuropsychologue, psychologue, ergothérapeute, médecin-conseil…
L'objectif est le même : identifier, objectiver et mesurer aussi précisément que possible les séquelles du traumatisme.
L'impact professionnel ne doit pas être oublié
Les conséquences d'un traumatisme crânien ne se limitent pas à une incapacité médicale exprimée par un pourcentage.
Une personne peut reprendre son travail tout en rencontrant beaucoup plus de difficultés qu'avant : fatigue accrue, lenteur, diminution de concentration, erreurs, nécessité de pauses, impossibilité d'assumer certaines responsabilités ou réduction de ses perspectives professionnelles.
Il faut donc également examiner, selon la situation, la perte de revenus et l'incidence du traumatisme sur la carrière professionnelle.
Pourquoi être accompagné lors de l'expertise ?
L'expertise médicale constitue une étape déterminante de l'indemnisation.
Dans le cas particulier d'un traumatisme crânien, il faut veiller à ce que l'évaluation ne se limite pas aux séquelles immédiatement visibles.
Une évaluation neuropsychologique suffisamment fine peut avoir une influence importante sur l'appréciation du dommage et, finalement, sur l'indemnisation obtenue.
L'avocat et le médecin-conseil de la victime doivent donc être attentifs à ce que toutes les conséquences du traumatisme soient examinées : médicales, cognitives, psychologiques, familiales, professionnelles et économiques.
Un dommage invisible n'est pas un dommage inexistant. Encore faut-il pouvoir le démontrer.
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Un accompagnement juridique et médical attentif permet d'identifier l'ensemble des séquelles et de défendre votre droit à une indemnisation juste.
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